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#Equateur Mort croisée : Mesure nécessaire ou menace pour la démocratie ?

Dernière mise à jour : 25 mai 2023

Par Soraya Vittola

Dans une décision qui a suscité de vives controverses, la Cour constitutionnelle de l'Équateur a soutenu l'application du décret de « mort croisée » décrété par le président Guillermo Lasso. Cette mesure, qui dissout l'Assemblée nationale et appelle à de nouvelles élections, a été durement critiquée par divers secteurs de la société.


Le soutien de la Cour constitutionnelle à la « mort croisée » intervient après qu'elle ait rejeté les recours en inconstitutionnalité formés contre le décret et les demandes de mesures conservatoires pour suspendre ses effets. Cette décision a soulevé des questions sur l'indépendance et l'objectivité de la plus haute instance judiciaire du pays.

Le président Lasso, qui risquait d'être mis en accusation pour des accusations de détournement de fonds, a justifié sa décision d'appliquer la "mort croisée" comme une mesure nécessaire pour surmonter une prétendue crise politique et des troubles internes. Cependant, les critiques soutiennent que cette mesure est une stratégie pour consolider le pouvoir et éviter la destitution à son encontre.

Le contexte dans lequel cette mesure a été prise est extrêmement préoccupant. La "mort croisée" a été appliquée au lendemain du début du procès politique contre le président pour sa participation présumée à l'"Affaire Encuentro", une enquête qui implique des entreprises publiques dans des actes de corruption. Il est douteux que Lasso ait utilisé cette mesure extrême en plein milieu d'une procédure judiciaire contre lui.

L'application de la « mort croisée » soulève de sérieux doutes quant à la stabilité démocratique et au respect des principes constitutionnels en Équateur. En permettant au président de gouverner par des décrets-lois d'urgence économique, on risque une concentration excessive des pouvoirs et une réduction des mécanismes de contrôle et d'équilibre entre les pouvoirs de l'Etat.

Les réactions du public ont été diverses. Alors que certains secteurs soutiennent la mesure arguant de la nécessité de surmonter la crise politique, d'autres la considèrent comme un revers en termes démocratiques et une menace pour la séparation des pouvoirs. La société équatorienne sera attentive aux événements à venir et aux actions que le président Lasso et son gouvernement entreprendront dans les années à venir.

Bref, le soutien de la Cour constitutionnelle à la « mort croisée » soulève de sérieux doutes quant à l'impartialité et à la défense des principes démocratiques en Équateur. Il est nécessaire de promouvoir un débat large et transparent sur cette mesure, ainsi que de garantir les mécanismes de contrôle et d'équilibre pour sauvegarder l'institutionnalité du pays. La société équatorienne mérite une véritable démocratie fondée sur le respect de la Constitution et le renforcement des institutions.


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